Conférence : Des briques pour reconstruire Noyon

Il a existé de Compiègne à Noyon une tradition de production briquetière et tuilière favorisée par la présence près de la rivière Oise d’une couche argileuse aisément accessible et utilisable pour la terre cuite architecturale. Les recherches archéologiques menées depuis une dizaine d’années autour du Mont-Renaud, à l’occasion de la création de la voie rapide et récemment sur le tracé du futur canal à grand   gabarit, ont permis d’étudier plusieurs fours à brique traditionnels ainsi que l’une des briqueteries industrielles d’époque contemporaine.

Les fours les plus anciens permettant la cuisson « en meule » pouvaient satisfaire un besoin ponctuel lié à un chantier précis, notamment à l’usage de la Chartreuse du Mont-Renaud. En revanche, l’énorme volume de production cumulée des trois grandes briqueteries qui se sont installées à la fin du XIXe siècle auprès du chantier du futur canal du Nord accompagnait le dynamisme industriel de la région puis, après les dévastations dues à la Première Guerre mondiale, la reconstruction de Noyon et des villages avoisinants. Sur ces sites, ont vécu et travaillé de nombreuses familles locales dans des conditions souvent difficiles. De fait, la plupart des habitants du centre de la cité habitent aujourd’hui dans des maisons faites de briques produites sur les communes de Noyon, Pont-l’Evêque et Passel. Le succès de la brique en construction, légère, facile à manipuler, utilisable avec la chaux ou le ciment, et pas chère en comparaison de la pierre de taille, est lié à l’invention au milieu du XIXe siècle du four « Hoffmann » à cuisson continue capable de produire plusieurs millions de briques par an.

Ces briqueteries industrielles, dont les hautes cheminées marquaient le paysage, ont progressivement disparu face au succès du parpaing de ciment. Celles – rares – qui subsistent aujourd’hui se sont spécialisées dans des productions à forte valeur ajoutée. A Noyon, il nous restait quelques bâtiments témoin et des cheminées. Celle de la briqueterie Lefèvre-Thonnier qu’on apercevait depuis la zone commerciale d’Auchan a été détruite en novembre 2025. Mais des fouilles archéologiques ont permis de retrouver les deux grands fours successifs.

La conférence sera donnée par Jean-Louis Bernard, archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP).

Auditorium du Chevalet – 6 place Aristide Briand, Noyon

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Date

12 May 2026

Time

18:30

Location

Théâtre du Chevalet
6 Place Aristide Briand, 60400 Noyon
Category

Organizer

Société Historique de Noyon
Phone
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Email
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